vendredi 7 mai 2010

Katmandou, terre de feu

Coucou mes p'tits loups,

Alors voila, oui je vous avais promis de vous gater en albums photos en tout genre une fois le Népal rallier, je vous avais bercer de belles paroles avec des connexions de reve, des romans photos comme on en fait plus, des histoires insolites et croustillantes, de délicieuses envolées lyriques et que sais-je encore.
Oui mais voila, tout ca, c'était avant d'arriver a Katmandou...
Les fideles facebookiens en ont déja eu un apercu, mais je voulais l'officialiser sur ma petite page, histoire que, si tant que ca vous intéresse, vous soyez tenus informés voire meme, pour les plus prévenants, rassurés.

Petit pays oblige, la presse internationale ne s'en émeut pour le moment pas particulierement, il n'empeche que depuis 2006 et la chute de la monarchie apres des années de luttes armées entre les autorités en place et les révolutionnaires maoistes, le Népal était entré dans un processus de paix ou un consensus entre les différentes forces politiques en présence devait permettre au pays de se doter d'une constitution démocratique respectable et représentative des attentes et spécificités de ce pays.
Malheureusement et depuis lors, les choses n'ont pas été comme on aurait pu l'espérer. Lassés des lenteurs de leurs partenaires au pouvoir et visiblement en désaccord avec la tournure que prenaient les mesures prises par le gouvernement, les fameux maoistes ont décidé de quitter a grand fracas la coalition gouvernementale, redevenant alors la principale force d'opposition avec la virulence qu'on leur avait longtemps connu pendant leurs décenies de maquis et terrorisme. Nos petits révolutionnaires n'ont en effet rien d'enfants de coeur, leur influence souvent violente sur la population en atteste, avec force de racket, intimidation et proselytisme décomplexé a l'appui.

Voila pour le tableau. Dans les faits, nos amis maoistes ont donc décidé de profiter de la traditionnelle fete du 1er Mai pour passer aux choses sérieuses, la date butoire pour rendre le projet de constitution arrivant un mois plus tard et rien ne semblant avoir été fait jusqu'a présent.
Ils ont alors entamé ce qu'ils semblent savoir faire le mieux: littéralement bloquer le pays en étouffant Katmandou, organisant d'immenses manifestations, sittings et meetings aux quatre coins de la ville, obligeant le moindre commercant a fermer boutique, empechant presque tout véhicule de circuler, sous peine d'etre caillassés, vandalisé, racketté ou que sais-je encore.
Les manifestants affluent chaque jour plus nombreux des campagnes, des groupes de sympatisants restant a controler un peu partout dans le pays qu'aucun travailleur n'enfreigne l'ordre de greve a durée indéfinie, qu'ils soient ou non pro-maoistes.

Katmandou, celebre pour son abominable traffic urbain et sa pollution sans égal, se retrouve alors ville morte, plongée dans une sorte d'éternelle journée sans voiture, ou les gamins profitent de l'aubaine pour s'emparer des rues pour jouer au cricket, au badminton ou au football. Juste irréel.
Les touristes, quant a eux, et meme s'ils ne sont clairement pas les plus a plaindre dans ce conflit, se retrouvent littéralement pris au piege (entre le marteau et l'enclume, c'est de circonstance !), bloqués dans leurs hotels, sans pouvoir sortir de la ville, puisqu'aucun transport public ne fonctionne, sans rien a voir a faire de leurs journées puisque tous les commerces sont fermés, se retrouvant meme parfois sans argent puisque toutes les banques ont barricadé leurs distributeurs d'argent et sans moyens de communication puisque les cyber café et boutiques de téléphonies restent porte close pendant toute la journée.

Les maoistes ont bien désserré un peu l'entreinte pour laisser les commercants respirer un peu et faire un minimu, de chiffre en les autorisant a ouvrir leurs boutiques entre 18h et 20h (ce qui me permet de rédiger ce petit billet), mais beaucoup préfere malgré tout laisser leur rideau baisser histoire d'éviter les possibles débordements lors des passages fréquents de groupes de maoistes dans les rues de Katmandou.

L'ambiance n'en reste pas moins étrange puisqu'au milieu de ces (dizaines de) milliers de manifestants encadrés par au moins autant de policiers déguisés en robocop, armés jusqu'aux dents, protégés par des ribambelles de barbelés et présents aux quatre coins de la ville, l'ambiance disais-je donc, elle, reste pour le moment acceptable. A aucun moment je ne ressens un quelconque risque pour ma sécurité, juste l'impression de me retrouver en plein coeur de l'actualité locale: tous les matins commencent par une lecture assidue des journaux anglophones pour savoir ou en sont les négociations, si la greve continue et si notre sécurité est assurée.

Nous ne craignons donc rien pour le moment. Nous prenons juste notre mal en patience en parcourant a pied la vallée et en visitant les merveilles locales désertées par les commercants et meme les touristes découragés par les dizaines de kilometres qui séparent parfois les différents sites immanquables du coin. Tant mieux pour nous.
Tout irait donc pour le mieux si la situation ne durait pas: les commercants commencent en effet a s'agacer de cette situation, des manifestations contre la greve commencent a s'organiser et les premieres frictions et débordements commencent a avoir lieu. Les premiers blessés sont regrettés depuis 2 jours dans les journaux et la tension, que je n'ai pour le moment pas observer, semblent gagner les différents camps, les partisans des groupes au pouvoir commencant a leur tour a venir affronter les manifestants maoistes. Beaucoup de restaurants doivent rester fermés par manque d'approvisionnement, mon hotel vient d'ailleurs d'augmenter les prix de sa carte, tous ses produits étant achetés au marché noir avec l'inflation que l'on peut imaginer.

Bref, l'avenir nous dira comment cette situation évoluera mais la situation est difficile a décrire, perdue entre cette vie qui continue et cette tension qui doucement monte. Personne ne sait combien de temps tout ca peut encore continuer mais de toute évidence, elle peut etre partie pour durer. Les attentes des maoistes sont élevées et ce n'est pas peu de le dire: changer le premier ministre et intégrer les forces para-militaires maoistes dans les forces de l'armée... Le gouvernement en place semble plus que réfractaire, bref, le compromis parait bien loin.

En attendant, on s'improvise avec Nico reporters de guerre en se melant aux meetings en prenant des photos... Tant que la situation reste acceptable, on en profite mais on reste sur nos gardes, les possibles débordements n'étant jamais loin...

Voila, c'est a peu pres tout pour le moment. Histoire de s'éloigner de tout ca, je pars quelques jours trekker et prendre les hauteurs, en espérant que le ciel plutot couvert de ces derniers jours ait la bonne idée de se trouer pour nous laisser deviner la chaine himalayenne, on peut toujours rever...


mardi 27 avril 2010

Au bout du chemin

Pfiou !

En direct live de Darjeeling, je retrouve enfin, le temps d'une courte soirée, le temps nécessaire pour redonner un peu de vie a ce carnet de route un peu bancal.
Je m'excuserais bien pour ce silence prolongé mais, d'une, je vous avais quand meme un peu prévenu que les nouvelles risqueraient de devenir beaucoup moins regulieres, et deux, je ne croyais de toute évidence pas si bien dire (la premiere moitié du temps ayant été passée dans un transport en commun et l'autre moitié dans des endroits ou la World Net Company n'as pas encore osé installer un modem)!

Je m'excuserai en revanche de ne pas pouvoir vous parler, avec force détails qui devraient pourtant s'imposer, de toutes les merveilles que mon chemin m'a offertes pendant ces trois dernieres semaines. D'abord parce que ce n'est pas un billet dans lequel je devrais alors me lancer mais bien dans un roman un peu rébarbatif que personne ne lirait jusqu'au bout, et ensuite parce que j'ai perdu avec rage et désespoir mon petit carnet d'amour dans lequel je notais, depuis le début de mon aventure, toutes mes impressions du moment. Je pourrais bien essayer de retrouver tout ca de mémoire mais qui a déja du se relancer avec consternation dans la rédaction d'un mail de 3 pages perdu au moment de son envoi comprendra surement ma situation au moment de prendre mon petit clavier pour vous raconter tout ce que j'ai vécu depuis les dernieres lignes que j'ai laissées sur ce site.
Ensuite, il me faudrait accompagner chaque étape d'un diaporama de rigueur mais si j'ai bien trouvé un PC ce soir, je n'ai pas pour autant mis la main sur la connexion qui me permettrait de vous offrir la série de photos que je voudrais pouvoir mettre ici... J'ai tellement de choses a vous montrer que je ne vois pas comment choisir pour le moment !

Bref, c'est super frustrant, gna gna gna !

Tout ce que je peux vous dire, c'est que je m'attendais a passer 3 semaines de folie et que j'étais finalement bien en-deca de ce que j'y ai finalement vu...
C'est bien simple: aussi prétentieux que ca puisse paraitre, j'ai l'impression d'avoir visité le monde entier en traversant un seul pays, en passant des déserts de dunes du Thar aux montagnes enneigées d'Himalaya a Dharamsala, des embardées arides a dos de dromadaire a celles humides a dos d'éléphant dans la réserve du Kaziranga, de l'effervescence des centres religieux de 3 des plus grandes religions du continent asiatique (hindouisme a Varanasi, bouddhisme a Dharamsala, sikhisme a Amritsar) au calme le plus étonnant de ces temples de Muktagiri retirés en pleine jungle.
J'ai voyagé en train, en bus, en voiture, en jeep, en velo, en moto, en rickshaw, en barque et meme en pedalo !
J'ai frolé les be-betes les plus exotiques que j'ai jamais revé pouvoir voir, passant a coté ou meme sur des rhinocéros, des éléphants, des buffles, des varans, des dromadaires, des scorpions, des toucans multicolores, des pythons, des marabous et meme des chiens !
Je suis passé a 20km du Pakistan, du Bouthan et du Bangladesh, a 100km de Myanmar, et j'ai déja mis quelques pieds au Népal.
J'ai mangé des thalis, des chapatis, des dhals, des paneer, des momos, des McMaharaja, des poulets tandooris, du steak de yak, et meme des pizza au pepperoni, bu des tchai, du thé de Daarjeling, des jus de mangue a tomber et des milliers de litres d'eau... j'en passe et des délices.

Bref, je ne crois pas que j'aurais pu faire énumération plus prétentieuse et méprisante que celle-la et je m'en excuse (encore!) mais pour le froussard casanier que je suis, je réalise encore mal que c'est bien a moi que tout ca est arrivé.
C'était fou et pourtant ca n'arrete pas de continuer avec Darjeeling, ses levés de soleil sur une chaine de 250km de massifs himalayens, ses incroyables champs de thé en escaliers sur d'improbables pentes escarpées et sa population aux yeux bridée qui vous ferait facilement vous imaginer en Chine, au Cambodge ou dieu sait ou en Asie du Sud-Est. Un dépaysement permanent et unique sans cesse renouvelé au gré de nos destinations toujours changeantes.

L'inde est décidemment formidable, vous permettant de passer des recoins les plus isolés aux métropoles les plus déroutantes en un clin d'oeil, sans jamais risquer, malgré son succes touristique, de vous laissés perdus au milieu de dizaines autres blancs. Les richesses y sont tellement nombreuses et éparpillées ca et la dans ce pays continent qu'elles gagnent en authenticité ce qu'elles perdent en reconnaissance. Vous vous retrouvez ainsi devant des merveilles a peine vantées dans les guides et qui deviendraient pourtant des symboles de n'importe quel autre pays si elles n'avaient pas eu le malheur de se trouver dans ce pays aux mille splendeurs.
Tout est a portée de la bourse la plus modeste, vous pouvez alors vous permettre toutes les extravagances et toutes les folies pour découvrir ce pays sous toutes ces coutures, sans pour autant jouer les colons de service ni jamais risquer de vous ennuyer un seul moment (temps de trajet et soirées mises a part, j'en conviens).

Enfin voila... c'est juste fou, un vrai reve éveillé avec tous les paradoxes de l'Inde que j'ai déja eu l'occasion de longuement décrire ici. On perd la tete en voyageant au milieu des exhubérances les plus inimaginables mais sans naiveté, en gardant toujours en tete, par la force des choses, les conditions de vie des locaux qui nous entourent.
J'ai bien conscience que tout ce que je raconte la est bien abstrait, surtout quand les photos manquent pour illustrer tout ce bazar mais, promis, une fois a Katmandou, je vous gate avec des albums photos comme s'il en pleuvait qui se passeront de commentaires ! Pas que je me prenne pour le nouveau Doisneau, le melon ne m'a pas gagné a ce point, mais avec des sujets et des paysages comme ceux que j'ai flashé, on peut difficilement prendre quelque chose de mauvais...

En attendant, je file demain pour deux jours de treks un peu plus haut encore dans l'Himalaya avant de faire mes adieux a l'Inde et de traverser la frontiere pour rallier le Népal et sa capitale Katmandou.

Plein de bisous les p'tits loups et au plus vite possible !

mardi 30 mars 2010

Foire aux questions

La vie en Inde n'est pas toujours simple, ne vous laissez pas abuser par certaines idées recues ou quelques photos trompeuses !
Meme pour moi, modeste travailleur a mi-temps (voyageur et glandeur pour l'autre moitié de temps...) et gratteur de blog a l'occasion, certains moments sont plus difficiles que d'autres. Non, la vie n'est pas toujours rose, sachez-le, elle peut meme etre chienne !
Tenez, pour commencer, rien que pour se remettre du Taj Mahal, les choses ne sont pas faciles et méritent a elles seules je crois un peu de votre compassion bienveillante. Non pas que la plupart des temples que je vois depuis me parait du coup un peu fadasse, mais... mais si en fait, un peu comme si, apres avoir bu une bouteille de Mouton Rothschild, vous repreniez un verre de votre petit pinard habituel, pas mauvais mais apres un Mouton Rothschild... dur.
J'attends au moins autant de compréhension de votre part pour le temps que j'ai passé ces derniers jours derriere un ordinateur a péniblement taper un rapport rébarbatif au possible, histoire de récapituler les conclusions tirées de notre série de visites dans notre désormais célebre village de Som. J'ai pu, a mon plus grand bonheur, y mettre un point final ce matin-meme apres une vingtaine de pages de déblatérations un peu stériles (biodiversité agraire oui, mais sans eau, difficile d'imaginer la développer) qui, je l'espere, conviendra a nos superviseurs.

Pour feter gentiment la presque fin de notre aventure en ONG, j'ai donc décidé de vous offrir comme ca, spontanément, parce que vous etes formidables, beaux et tres fideles, une petite séance de réponses aux petites questions qui m'ont été posées ces derniers temps. Trop d'la chance, hein ?

Comment c'est qu'elle est ta chambre a toi ? C'est bien la vie de maraja ? (Rémy, 3 ans 1/2, Noisy-le-sec)

Ah, mon petit Rémy, c'est avec une joie non feinte que j'accueille sur ce blog ton verbe toujours fleuri et cette verve savoureuse qui te caractérisent si bien. Ils m'offrent ainsi et surtout l'opportunité d'enfin aborder ce sujet brulant que j'ai cru voir au centre des spéculations les plus folles. Remettons donc un peu d'ordre dans toutes ces remarques fantasmées et répondons clairement: Non, je ne vis pas dans un palais (au passage, mon Remynounet, on dit 'Maharajah') mais bien dans une petite chambre une piece avec une grosse couverture pour matelas et une fastueuse moustiquaire pour unique compagnon nocturne. Ca n'est certes pas bizance mais, une fois le drap désinfecté en profondeur et l'habitude faisant, on apprécie la fraicheur ombragée de notre petit repere qui nous a sauvé plus d'une fois d'apres-midis a ne pas mettre un albinos vampire brulé au 3eme degré dehors !
Tu trouveras en images juste en dessous le reste des pieces princieres qui composent notre suite nuptiale: salle de bain tout confort sans electricité ni eau chaude mais avec chiottes turques, et nuées de moustiques, s'il te plait ! Large cuisine lumineuse toute équipée sans poeles ni ouvre-boite, sans couteau-fourchette mais avec des récipients pour récipienter a l'infini, c'est la folie la plus totale !
Le seul véritable hic finalement, c'est cette vue de reve qui nous offerte sur le toit de la résidence. Meme avec toute la mauvaise foi du monde, je n'aurais rien a y redire, encore peut-etre qu'aussi belle soit elle, on n'y tient pas plus de 20 minutes en journée sous peine d'avoir les pieds déja en phase de fusion avec le sol béton avant d'avoir eu le temps de s'en apercevoir, mais ce n'sont vraiment que des broutilles !



Salut mon con, alors le cinoche Bollywood, ca remue les baloches ? (Jean-Carlos, 32 ans, Marne-les-Gonesses)

Ah, mon Jean-Carlos, c'est beau de voir combien ta prose et ton bon gout légendaire traversent les frontieres en se moquant du qu'en dira-t-on, je suis et serai toujours ton plus fervent admirateur !

Quoi qu'il en soit, je bondis sur l'occasion que tu m'offres pour effectuer un petit retour en arriere et revenir a Jaipur ou on s'est offert notre unique experience cinématographique indienne (mais que l'on risque certainement de rééditer dans les prochains jours). Jaipur possédait en effet l'avantage non-negligeable d'avoir, dixit Monsieur Routard, l'un des plus cinémas d'Inde, on n's'est donc pas fait prier pour y perdre notre virginité.
Le spectacle vaut en tout cas le détour, au moins autant pour le film en lui-meme que pour tout ce qui peut l'entourer. Le film en lui-meme devait etre la super production du moment, avec les acteurs élevés au rang de divinités nationales (avec le célebrissime acteur, chanteur, danseur, multi-millionaire Shahrukh Khan), et un scenar' décoiffant, jugez-en vous-meme: un road movie dans les Etats-Unis actuels ou un immigré indien musulman vaguement autiste décide de traverser sa terre d'accueil pour rencontrer le Président et lui faire savoir que, non, il n'est pas terroriste et que, merde, faut arreter un peu avec les amalgames entre mulsulmans et islamistes parce que son gosse vient de se faire caillasser par de sales petits yankees mal élevés et, ca, vraiment, c'est plus possible... Un genre de Forest Gump moderne et politisé a la sauce indienne. Ca donne envie, hein ? Sur que ca t'aurait remuer ton ciboulot d'admirateur de Steven Seagal, mon petit Jean-Carlos !

Si je t'épargne les détails sur les performances d'acteur assez douteuses (Massimo Gargia m'avait fait plus forte impression dans le role de l'autiste de la ferme Célébrité 1 que Khan dans ce charmant petit film), sur certaines scenes grotesques dans l'Alabama des noirs américains ou sur d'autres kitschissimes ou notre neu-neu arrive a dragouiller la bombasse du film au prix de quelques roucoulements cadensés et en musique comme on n'oserait meme pas en imaginer, le meilleur du film reposait peut-etre encore sur l'ambiance dans la salle. Une vraie folie.
Les applaudissements et incroyables cris de joie quand le gentil dit au méchant que c'est pas joli de dire des choses méchantes annoncaient déja assez bien la couleur. Mais c'était sans commune mesure avec le début du film vécu de la salle, puis l'entracte completement et délicieusement anarchique. Le début du film d'abord parce que les 5 premieres minutes se déroulent dans un brouhaha digne des plus grandes foires, un peu comme si personne ne s'était pas encore apercu que le film avait vraiment commencé. Assez irréel pour Nico et moi, tellement habitués a grogner au moindre toussotement un peu trop sonore du type assis a l'autre bout de la salle.
Et puis l'entracte... Ici et un peu comme au théatre, on fait des pauses parce que c'est bien joli tous ces films, mais bon, faut aussi passer des coups de fil, se dégourdir les gambettes, faire une petite partie de cricket et aller manger des piments. On a alors du décider (surement encore un coup de Ghandi, tiens) d'aller a l'essentiel: il y aura donc un entracte au milieu du film exactement. Sans trop comprendre ce qu'il se passe alors, en plein milieu du film et sans crier gare (en meme temps, vous me direz surement a tres juste titre que ce serait plutot saugrenu d'entendre une voix off crier "gare" au beau milieu d'une scene tragique), le rideau se met a tomber, le film, lui continue a jouer sur le rideau, on ne voit plus grand chose mais on entend tout, une musique de fond commence alors a retentir, le film ne s'arrete toujours pas, la musique et le son du film se melange, les lumieres s'allument, les gens se levent mais tout continue a tourner, c'est n'importe quoi, est-ce que le film est fini et ne reprendra que demain ? Est c'que ca fait partie du film ? Est-c'que c'est la fin du monde ?
Aucune idée, en tout cas, l'image et le son du film sont finalement coupés apres quelques interminables secondes, le rideau s'ouvre a niveau pour cette fois-ci laisser les sponsors du cinoche s'afficher... manuellement... le projectionniste faisant passer devant le projecteur des especes de diapositives de pub qu'il tient a la main. A l'ecran, on voit donc quelques logos vaguement recouverts par le gros pouce tremblant du monsieur qui tient la diapositive. C'est kitsch, c'est home made, c'est drole, c'est surtout indien !
Pour finir l'histoire d'ailleurs, le film a repris dans un joyeux mélange entre le début du film et de l'entracte: la musique de fond continuant a jouer pendant quelques minutes par dessus du son du film qui venait de reprendre, le tout dans un bordel total ou les familles reviennent a leur siege dans la décontraction la plus débridée. Les gosses hurlent, on s'interpelle d'un bout a l'autre de la salle, on grimpe par dessus les rangs de sieges... Une experience a vivre, assuremment !

Bon, c'est chouette le Taj Mahal, mais il est pour quand le prochain billet ? Tu vas pas me dire que tu n'fais QUE travailler, on t'connait... (Zoe, 25 ans, Tombouctou)

Alors déja, mademoiselle Zoe, c'est pas super super sympa de mettre en doute ma parole et surtout mes capacités de travail pourtant jamais démenties. OK, je n'ai pas assisté a plus de 10h de cours pendant ma derniere année de cours, OK, j'ai séché l'ultra grande majorité des cours des deux années précédentes, OK j'ai globalement un poil dans la main, OK, je commence souvent a attendre l'arrivée du WE a partir de 10h le lundi matin, mais quand meme quoi !

...

Bon, OK, on a eu envie de se rafraichir un peu en allant voir la mer (d'Arabie en l'occurence) sur l'ile paradisiaque de Diu... petit ilot sans touriste de 13km sur 6, a 24h de route d'Udaipur. Mais bon, on y est resté seulement deux jours, on n'a pas voulu trop déconner non plus. Enfin on s'y plaisait tellement qu'on y est finalement resté deux fois plus longtemps, mais bon... Rah, Zoe, t'es chiante !

Pour etre honnete, la rédaction du rapport nous obligeant a devoir rester enterrés derriere un PC toute la journée alors que l'Inde et ses trésors nous appelaient constamment, on a fini par craquer en se promettant de mettre le paquet a notre retour (ce qu'on a d'ailleurs plus ou moins fait, a ma grande et agréable surprise) mais de partir quand meme, si possible pour voir un truc pas encore vu. Alors pourquoi pas la mer ?
Pour tout te dire, ma petite Zoe, Diu, c'était vraiment chouettos, d'abord, d'une et pour commencer parce que se baigner, c'est bien ! Ensuite, par ailleurs et également parce que se balader a vélo dans un endroit presque sans autre véhicule, c'est super bien. Et enfin, pour finir et en conclusion parce que l'héritage encore tres présent de la domination coloniale portugaise de cette petite ile avait vraiment un charme fou qui tranchait agréablement avec tous les temples et les forteresses qu'on avait pu voir jusqu'a présent.

J'ajouterais meme (attention, c'est le Valérie's special moment) que les petites communautés locales de pecheurs nous ont offert le plaisir inestimable de manger du poisson tout frais péché du matin (du requin, du thon blanc, de la papalette notamment) et cuisinés la sauce locale avec un riz aux fruits secs, une sauce a l'ail et aux épices parfumées dont le nom m'échappe totalement... Un vrai bol d'air gustatif que bibi a apprecié de toutes ses papilles, merci pour lui !

Sans que l'ile en elle-meme n'ait de curiosité locale qui la rendrait particulierement incontournable, ses petites églises toutes blanches avec ses double-clochers, ses couchés de soleil de reve sur de jolies plages presque désertées, la discrétion de ses habitants apres la folie d'Agra, ses petites rhumeries qu'on ne trouve nulle part ailleurs, ou ses petits ports de peche ou baignent des dizaines de barques multicolores au-dessus desquelles flottent de drapeaux par milliers, tout concourrait a nous plonger dans des sortes de vacances a l'intérieur des vacances qu'on a vraiment savouré jusqu'a la derniere minute !

Pour la peine, voila un long diaporama pour te montrer a quel point c'était aussi chouette que j'essaie de te le raconter...!



Alors, c'est quoi l'programme maintenant ? (Denise Fabre, 67 ans, Palavas-les-flots)

Ma chere Denise, je suis flatté d'apprendre que des personnalités de votre rang fréquentent des lieux aussi simples que celui qui accueille mes petites aventures. Votre question est en tout cas tout a fait justifiée puisque l'aventure Seva Mandir s'achevant demain, il nous reste encore deux mois de vadrouille a vivre a travers l'Inde (pendant le premier mois) et le Népal (a partir du début du mois de mai prochain). Voici donc et pour finir un avant-gout de notre petit périple rien que pour vos beaux yeux, faits entierement a la main avec Windows Paint, qu'il est beau qu'il est chaud:



Ainsi nous nous enfuirons demain soir dans le désert du Thar découvrir Jaisalmer et y faire un safari en jeep et en chamal jusqu'au 5 Avril.
De la, nous filerons vers Muktagiri et ses dizaines de temples Jain (variante de lhindouisme pour faire court) perdues dans la jungle du centre de l'Inde.
Le 10 Avril, nous traverserons le Nord de l'Inde pour rallier Amritsar et son temple d'or et Dharamsala, ou le Dalai Lama et son gouvernement s'est exhilé depuis pres de 50 ans.
Le 16 Avril, nouvelle embardée fantastique pour découvrir, 4 jours durant, Varanasi (anciennement appelée Bénares), LA ville spirituelle d'Inde avec ses ghats bordant le Gange sacré.
Nouveau changement radical le 21 Avril ou nous continuerons notre traversée de l'Inde d'Ouest en Est avec l'exploration de la Réserve Nationale du Kaziranga et son safari a dos d'éléphants pour y voir des gros Rhino qui sont beaux et peut-etre des tigres avec un peu de veine.
Nous nous approcherons alors de la fin de notre visa en Inde. Nous utiliserons les derniers jours precieusement en allant du coté du Darjeeling a partir du 27 Avril pour commencer a apercevoir l'Himalaya et boire plein de thé tout chaud !
De la, nous rejoindrons le 1er mai le Népal et sa capitale Katmandou...

Les billets de train sont réservés, les hotels sont identifiés, y'a plus qu'a y aller. D'avance, j'implore votre clémence, les mises a jour de blog risquant fatalement d'etre beaucoup plus espacées, pour quelques raisons évidentes de temps et d'acces a internet mais promis je ferai de mon mieux pour vous tenir informés et vous envoyer quelques photos !