mardi 30 mars 2010

Foire aux questions

La vie en Inde n'est pas toujours simple, ne vous laissez pas abuser par certaines idées recues ou quelques photos trompeuses !
Meme pour moi, modeste travailleur a mi-temps (voyageur et glandeur pour l'autre moitié de temps...) et gratteur de blog a l'occasion, certains moments sont plus difficiles que d'autres. Non, la vie n'est pas toujours rose, sachez-le, elle peut meme etre chienne !
Tenez, pour commencer, rien que pour se remettre du Taj Mahal, les choses ne sont pas faciles et méritent a elles seules je crois un peu de votre compassion bienveillante. Non pas que la plupart des temples que je vois depuis me parait du coup un peu fadasse, mais... mais si en fait, un peu comme si, apres avoir bu une bouteille de Mouton Rothschild, vous repreniez un verre de votre petit pinard habituel, pas mauvais mais apres un Mouton Rothschild... dur.
J'attends au moins autant de compréhension de votre part pour le temps que j'ai passé ces derniers jours derriere un ordinateur a péniblement taper un rapport rébarbatif au possible, histoire de récapituler les conclusions tirées de notre série de visites dans notre désormais célebre village de Som. J'ai pu, a mon plus grand bonheur, y mettre un point final ce matin-meme apres une vingtaine de pages de déblatérations un peu stériles (biodiversité agraire oui, mais sans eau, difficile d'imaginer la développer) qui, je l'espere, conviendra a nos superviseurs.

Pour feter gentiment la presque fin de notre aventure en ONG, j'ai donc décidé de vous offrir comme ca, spontanément, parce que vous etes formidables, beaux et tres fideles, une petite séance de réponses aux petites questions qui m'ont été posées ces derniers temps. Trop d'la chance, hein ?

Comment c'est qu'elle est ta chambre a toi ? C'est bien la vie de maraja ? (Rémy, 3 ans 1/2, Noisy-le-sec)

Ah, mon petit Rémy, c'est avec une joie non feinte que j'accueille sur ce blog ton verbe toujours fleuri et cette verve savoureuse qui te caractérisent si bien. Ils m'offrent ainsi et surtout l'opportunité d'enfin aborder ce sujet brulant que j'ai cru voir au centre des spéculations les plus folles. Remettons donc un peu d'ordre dans toutes ces remarques fantasmées et répondons clairement: Non, je ne vis pas dans un palais (au passage, mon Remynounet, on dit 'Maharajah') mais bien dans une petite chambre une piece avec une grosse couverture pour matelas et une fastueuse moustiquaire pour unique compagnon nocturne. Ca n'est certes pas bizance mais, une fois le drap désinfecté en profondeur et l'habitude faisant, on apprécie la fraicheur ombragée de notre petit repere qui nous a sauvé plus d'une fois d'apres-midis a ne pas mettre un albinos vampire brulé au 3eme degré dehors !
Tu trouveras en images juste en dessous le reste des pieces princieres qui composent notre suite nuptiale: salle de bain tout confort sans electricité ni eau chaude mais avec chiottes turques, et nuées de moustiques, s'il te plait ! Large cuisine lumineuse toute équipée sans poeles ni ouvre-boite, sans couteau-fourchette mais avec des récipients pour récipienter a l'infini, c'est la folie la plus totale !
Le seul véritable hic finalement, c'est cette vue de reve qui nous offerte sur le toit de la résidence. Meme avec toute la mauvaise foi du monde, je n'aurais rien a y redire, encore peut-etre qu'aussi belle soit elle, on n'y tient pas plus de 20 minutes en journée sous peine d'avoir les pieds déja en phase de fusion avec le sol béton avant d'avoir eu le temps de s'en apercevoir, mais ce n'sont vraiment que des broutilles !



Salut mon con, alors le cinoche Bollywood, ca remue les baloches ? (Jean-Carlos, 32 ans, Marne-les-Gonesses)

Ah, mon Jean-Carlos, c'est beau de voir combien ta prose et ton bon gout légendaire traversent les frontieres en se moquant du qu'en dira-t-on, je suis et serai toujours ton plus fervent admirateur !

Quoi qu'il en soit, je bondis sur l'occasion que tu m'offres pour effectuer un petit retour en arriere et revenir a Jaipur ou on s'est offert notre unique experience cinématographique indienne (mais que l'on risque certainement de rééditer dans les prochains jours). Jaipur possédait en effet l'avantage non-negligeable d'avoir, dixit Monsieur Routard, l'un des plus cinémas d'Inde, on n's'est donc pas fait prier pour y perdre notre virginité.
Le spectacle vaut en tout cas le détour, au moins autant pour le film en lui-meme que pour tout ce qui peut l'entourer. Le film en lui-meme devait etre la super production du moment, avec les acteurs élevés au rang de divinités nationales (avec le célebrissime acteur, chanteur, danseur, multi-millionaire Shahrukh Khan), et un scenar' décoiffant, jugez-en vous-meme: un road movie dans les Etats-Unis actuels ou un immigré indien musulman vaguement autiste décide de traverser sa terre d'accueil pour rencontrer le Président et lui faire savoir que, non, il n'est pas terroriste et que, merde, faut arreter un peu avec les amalgames entre mulsulmans et islamistes parce que son gosse vient de se faire caillasser par de sales petits yankees mal élevés et, ca, vraiment, c'est plus possible... Un genre de Forest Gump moderne et politisé a la sauce indienne. Ca donne envie, hein ? Sur que ca t'aurait remuer ton ciboulot d'admirateur de Steven Seagal, mon petit Jean-Carlos !

Si je t'épargne les détails sur les performances d'acteur assez douteuses (Massimo Gargia m'avait fait plus forte impression dans le role de l'autiste de la ferme Célébrité 1 que Khan dans ce charmant petit film), sur certaines scenes grotesques dans l'Alabama des noirs américains ou sur d'autres kitschissimes ou notre neu-neu arrive a dragouiller la bombasse du film au prix de quelques roucoulements cadensés et en musique comme on n'oserait meme pas en imaginer, le meilleur du film reposait peut-etre encore sur l'ambiance dans la salle. Une vraie folie.
Les applaudissements et incroyables cris de joie quand le gentil dit au méchant que c'est pas joli de dire des choses méchantes annoncaient déja assez bien la couleur. Mais c'était sans commune mesure avec le début du film vécu de la salle, puis l'entracte completement et délicieusement anarchique. Le début du film d'abord parce que les 5 premieres minutes se déroulent dans un brouhaha digne des plus grandes foires, un peu comme si personne ne s'était pas encore apercu que le film avait vraiment commencé. Assez irréel pour Nico et moi, tellement habitués a grogner au moindre toussotement un peu trop sonore du type assis a l'autre bout de la salle.
Et puis l'entracte... Ici et un peu comme au théatre, on fait des pauses parce que c'est bien joli tous ces films, mais bon, faut aussi passer des coups de fil, se dégourdir les gambettes, faire une petite partie de cricket et aller manger des piments. On a alors du décider (surement encore un coup de Ghandi, tiens) d'aller a l'essentiel: il y aura donc un entracte au milieu du film exactement. Sans trop comprendre ce qu'il se passe alors, en plein milieu du film et sans crier gare (en meme temps, vous me direz surement a tres juste titre que ce serait plutot saugrenu d'entendre une voix off crier "gare" au beau milieu d'une scene tragique), le rideau se met a tomber, le film, lui continue a jouer sur le rideau, on ne voit plus grand chose mais on entend tout, une musique de fond commence alors a retentir, le film ne s'arrete toujours pas, la musique et le son du film se melange, les lumieres s'allument, les gens se levent mais tout continue a tourner, c'est n'importe quoi, est-ce que le film est fini et ne reprendra que demain ? Est c'que ca fait partie du film ? Est-c'que c'est la fin du monde ?
Aucune idée, en tout cas, l'image et le son du film sont finalement coupés apres quelques interminables secondes, le rideau s'ouvre a niveau pour cette fois-ci laisser les sponsors du cinoche s'afficher... manuellement... le projectionniste faisant passer devant le projecteur des especes de diapositives de pub qu'il tient a la main. A l'ecran, on voit donc quelques logos vaguement recouverts par le gros pouce tremblant du monsieur qui tient la diapositive. C'est kitsch, c'est home made, c'est drole, c'est surtout indien !
Pour finir l'histoire d'ailleurs, le film a repris dans un joyeux mélange entre le début du film et de l'entracte: la musique de fond continuant a jouer pendant quelques minutes par dessus du son du film qui venait de reprendre, le tout dans un bordel total ou les familles reviennent a leur siege dans la décontraction la plus débridée. Les gosses hurlent, on s'interpelle d'un bout a l'autre de la salle, on grimpe par dessus les rangs de sieges... Une experience a vivre, assuremment !

Bon, c'est chouette le Taj Mahal, mais il est pour quand le prochain billet ? Tu vas pas me dire que tu n'fais QUE travailler, on t'connait... (Zoe, 25 ans, Tombouctou)

Alors déja, mademoiselle Zoe, c'est pas super super sympa de mettre en doute ma parole et surtout mes capacités de travail pourtant jamais démenties. OK, je n'ai pas assisté a plus de 10h de cours pendant ma derniere année de cours, OK, j'ai séché l'ultra grande majorité des cours des deux années précédentes, OK j'ai globalement un poil dans la main, OK, je commence souvent a attendre l'arrivée du WE a partir de 10h le lundi matin, mais quand meme quoi !

...

Bon, OK, on a eu envie de se rafraichir un peu en allant voir la mer (d'Arabie en l'occurence) sur l'ile paradisiaque de Diu... petit ilot sans touriste de 13km sur 6, a 24h de route d'Udaipur. Mais bon, on y est resté seulement deux jours, on n'a pas voulu trop déconner non plus. Enfin on s'y plaisait tellement qu'on y est finalement resté deux fois plus longtemps, mais bon... Rah, Zoe, t'es chiante !

Pour etre honnete, la rédaction du rapport nous obligeant a devoir rester enterrés derriere un PC toute la journée alors que l'Inde et ses trésors nous appelaient constamment, on a fini par craquer en se promettant de mettre le paquet a notre retour (ce qu'on a d'ailleurs plus ou moins fait, a ma grande et agréable surprise) mais de partir quand meme, si possible pour voir un truc pas encore vu. Alors pourquoi pas la mer ?
Pour tout te dire, ma petite Zoe, Diu, c'était vraiment chouettos, d'abord, d'une et pour commencer parce que se baigner, c'est bien ! Ensuite, par ailleurs et également parce que se balader a vélo dans un endroit presque sans autre véhicule, c'est super bien. Et enfin, pour finir et en conclusion parce que l'héritage encore tres présent de la domination coloniale portugaise de cette petite ile avait vraiment un charme fou qui tranchait agréablement avec tous les temples et les forteresses qu'on avait pu voir jusqu'a présent.

J'ajouterais meme (attention, c'est le Valérie's special moment) que les petites communautés locales de pecheurs nous ont offert le plaisir inestimable de manger du poisson tout frais péché du matin (du requin, du thon blanc, de la papalette notamment) et cuisinés la sauce locale avec un riz aux fruits secs, une sauce a l'ail et aux épices parfumées dont le nom m'échappe totalement... Un vrai bol d'air gustatif que bibi a apprecié de toutes ses papilles, merci pour lui !

Sans que l'ile en elle-meme n'ait de curiosité locale qui la rendrait particulierement incontournable, ses petites églises toutes blanches avec ses double-clochers, ses couchés de soleil de reve sur de jolies plages presque désertées, la discrétion de ses habitants apres la folie d'Agra, ses petites rhumeries qu'on ne trouve nulle part ailleurs, ou ses petits ports de peche ou baignent des dizaines de barques multicolores au-dessus desquelles flottent de drapeaux par milliers, tout concourrait a nous plonger dans des sortes de vacances a l'intérieur des vacances qu'on a vraiment savouré jusqu'a la derniere minute !

Pour la peine, voila un long diaporama pour te montrer a quel point c'était aussi chouette que j'essaie de te le raconter...!



Alors, c'est quoi l'programme maintenant ? (Denise Fabre, 67 ans, Palavas-les-flots)

Ma chere Denise, je suis flatté d'apprendre que des personnalités de votre rang fréquentent des lieux aussi simples que celui qui accueille mes petites aventures. Votre question est en tout cas tout a fait justifiée puisque l'aventure Seva Mandir s'achevant demain, il nous reste encore deux mois de vadrouille a vivre a travers l'Inde (pendant le premier mois) et le Népal (a partir du début du mois de mai prochain). Voici donc et pour finir un avant-gout de notre petit périple rien que pour vos beaux yeux, faits entierement a la main avec Windows Paint, qu'il est beau qu'il est chaud:



Ainsi nous nous enfuirons demain soir dans le désert du Thar découvrir Jaisalmer et y faire un safari en jeep et en chamal jusqu'au 5 Avril.
De la, nous filerons vers Muktagiri et ses dizaines de temples Jain (variante de lhindouisme pour faire court) perdues dans la jungle du centre de l'Inde.
Le 10 Avril, nous traverserons le Nord de l'Inde pour rallier Amritsar et son temple d'or et Dharamsala, ou le Dalai Lama et son gouvernement s'est exhilé depuis pres de 50 ans.
Le 16 Avril, nouvelle embardée fantastique pour découvrir, 4 jours durant, Varanasi (anciennement appelée Bénares), LA ville spirituelle d'Inde avec ses ghats bordant le Gange sacré.
Nouveau changement radical le 21 Avril ou nous continuerons notre traversée de l'Inde d'Ouest en Est avec l'exploration de la Réserve Nationale du Kaziranga et son safari a dos d'éléphants pour y voir des gros Rhino qui sont beaux et peut-etre des tigres avec un peu de veine.
Nous nous approcherons alors de la fin de notre visa en Inde. Nous utiliserons les derniers jours precieusement en allant du coté du Darjeeling a partir du 27 Avril pour commencer a apercevoir l'Himalaya et boire plein de thé tout chaud !
De la, nous rejoindrons le 1er mai le Népal et sa capitale Katmandou...

Les billets de train sont réservés, les hotels sont identifiés, y'a plus qu'a y aller. D'avance, j'implore votre clémence, les mises a jour de blog risquant fatalement d'etre beaucoup plus espacées, pour quelques raisons évidentes de temps et d'acces a internet mais promis je ferai de mon mieux pour vous tenir informés et vous envoyer quelques photos !

jeudi 18 mars 2010

Agra et sa Majesté au coeur de pierre

Ah le Taj Mahal...

En y repensant un peu maintenant, a tete reposée, apres 4 jours passés a en faire le tour et le détour par tous les cotés et a toutes les heures, la meilleure facon de parler de ce fichu Taj Mahal, c'est peut-etre encore en reprenant les célebres mots de Gary Lineker, star anglaise du ballon rond des années 80, et qui avec un peu dépit et de résignation définissait le football comme un sport qui se jouait à 11 contre 11, et qui se terminait toujours par une victoire de l'Allemagne.
Avec le Taj Mahal, c'est un peu pareil. Une fois posé devant le mythe, il vous semble que vous pouvez visiter toutes les splendeurs que l'Inde a a offrir (et dieu sait qu'elles sont nombreuses et grandioses) mais a la fin, ce sera toujours le Taj Mahal qui vous laissera l'impression la plus forte. Le souvenir le plus magique.

Agra est pourtant a elle seule une ville magnifique avec son Fort Rouge gigantesque, ses mausolées et temples majestueux et Fatehpur Sikri, vaste site et ancienne Capitale du pays tout entierement classé au Patrimoine Mondial de l'Unesco... mais rien n'y fait, le Taj est tellement éteincelant et imposant qu'il éclipse (et le mot est plutot bien choisi) tous ceux qui voudraient soutenir la comparaison. Les Grandes Pyramides, la Tour Eiffel et la Statue de la Liberté y aurait été construit qu'on en parlerait sans doute meme pas ! Pas grand monde d'ailleurs (enfin moi, quoi), avant d'aller en Inde, ne sait qu'il se trouve dans la ville d'Agra tellement la ville toute entiere semble se cacher derriere son joyau (autant l'appeler Taj Mahal City, ce sera plus simple pour tout l'monde !).

Le monument accapare d'ailleurs tellement l'attention et le regard que l'image la plus célebre du Taj Mahal et l'idée que je m'en faisais avant de l'avoir vu oublient bien souvent (ou cachent volontairement) tout ce qui l'entoure. Si elles avaient été baties ailleurs, sur qu'on parlerait de la splendeur de ces 3 portes gigantesques en gré rouge surmontées de dizaines de petites coupoles en enfilades qui gardent l'entrée du site. Sur qu'aucun guide n'oublierait de forcer quiconque a découvrir les deux extraordinaires Mosquées de gré rouge également qui entourent dans une géométrie parfaite le célebre batiment de marbre blanc.
Mais encore une fois rien a faire, rien ne parait pouvoir arriver a la cheville du Taj, expression de circonstance d'ailleurs tant ce qui frappe avant toute autre chose, c'est sa taille. On l'oublie souvent mais le Taj Mahal, c'est juste gigantesque, le double ou le triple de taille de la plupart des batiments que j'ai eu l'occasion de vous montrer jusqu'a présent, un truc vraiment monumental. Il n'y a qu'a d'ailleurs se laisser prendre en photo (comme Nico ici) sous une de ses 4 portes immenses pour se laisser convaincre de l'ampleur de la bete... mais aussi géant puisse-t-il etre, ce qui fait sans doute la magie de ce batiment, c'est certainement sa capacité a ne pas en paraitre, a jouer de ses lignes claires et de sa paleur légendaire pour etre imposant sans etre lourd pour autant. Ce batiment parait parfois meme flotter. Tout a la fois monumental et léger, massif et aérien. C'est un peu tout ca le Taj Mahal.
A coté de son marbre blanc lumineux (qui, presque blague a part oblige a porter des lunettes de soleil pour pouvoir le regarder lorsque le soleil de midi s'abat sur lui), le gré rouge si souvent utilisé avec gout pour l'édification des plus beaux monuments d'Inde semble soudain écrasant.

Pourtant, je vous jure que ce Taj Mahal, je lui avais bien mis la pression avant de le découvrir, je m'attendais meme a en etre un peu décu, c'est dire si tout c'que je vous raconte-la ne sort pas de la bouche d'un flatteur invétéré conquis d'avance: C'est bien joli mais au-dela du mythe, qu'est c'qui pouvait donc bien faire que ce dome recevait plus les faveurs que tous les autres qui dominent avec pas moins de majesté les hauteurs indiennes depuis des siecles ? Apres tout, en y regardant bien, comparé a d'autres monuments vus jusqu'a présent, le Taj a des formes particulierement simples, le fameux blanc du marbre blanc ne l'est pas tant que ca, les quatre minarets pourraient meme sembler un peu grossiers, tout recouverts qu'ils sont de cette espece de dallage carrelé un peu douteux...
Vraiment, je vous le jure, histoire de m'amuser a me faire l'avocat du diable (a Vanbesieniser comme on dit par chez nous, mais gauthieriser marche aussi tres bien), j'avais préparer ma dent la plus dure, j'étais pret a lui rentrer dans le lard, a ne pas y aller par les quatre chemins du dos de la cuillere de la main morte, comme me l'a si bien dit l'autre jour un ami manchot en tentant de manger sa soupe.
Mais non, désolé, je n'y suis pas arrivé. Ce dome bulbeux qui toute la journée joue avec les lumieres que le soleil lui offre pour se parer de rose, d'orange, de jaune et du blanc le plus intense pour réussir a ne plus etre qu'une silhouette lorsque le soleil tarde a se lever ou finit de décliner, c'est juste divin, c'est surtout unique.

En suivant Nico dans sa quete incessante de la photo inédite, c'est meme un Taj Mahal encore plus fabuleux que j'ai découvert, un peu comme quand on découvre que Monica Belucci est au moins aussi belle au naturel qu'a l'écran. Les 3 levés (levés 5h) et 3 couchers de soleil y ont surement bien contribué mais c'est surtout la recherche de points de vue toujours différents qui a fini de me convaincre de la beauté du truc. Parce que si l'on peut choisir de se faire une visite expresse d'une journée, de rentrer dans le site et voir le Taj comme sur toutes les photos de presse vues et revues depuis des décénies, on peut aussi, lorsque l'on a le privilege d'en avoir le temps, faire le tour de la chose et le découvrir de la riviere sacrée qui le borde dans lequel son reflet n'en est que plus impressionnant, des improbables champs de blé ou quelques tres modestes agriculteurs cultivent ce qu'ils peuvent avec une vue imprenable sur les domes, des insolites petites forets de palmiers et arbres touffus qui peuplent l'autre coté de la rive, ou des quelques troupeaux de buffles qui les habitent, des laveurs de linges multicolores ou du haut des hotels de la ville grouillante qui s'est construit a ses pieds.
Eh bien oui, Monica ne fait pas que montrer sa jolie silhouette aux cinéphiles avertis, elle fait la lessive, s'occupe des gosses, regarde la téloche, va aux toilettes, mais elle le fait toujours avec la classe de celles qui n'ont plus rien a prouver, qui sont juste tellement belles qu'elles le restent quoi qu'elle fassent et ou qu'elles soient.

Le Taj Mahal, c'est juste pareil et c'est pour ca qu'il n'y en a pas deux, qu'on se le tienne pour dit !

Navré pour l'interminable diaporama, mais j'en ai déja viré les 3/4 pour n'arriver qu'a cette centaine de photos, alors faites-en ce que vous voulez mais ne venez pas me dire que vous ne l'avez pas bien vus ce satané Taj Mahal !

vendredi 12 mars 2010

Retour de la terre

Avant d'aborder la grande foire d'Agra et son Dysneylandesque Taj Mahal que je tacherai, pendant les 3-4 prochains jours, de prendre sous tous les angles possibles rien que pour vos beaux yeux, je voulais vous offrir, comme ca, quelques impressions a la volée apres une nouvelle et ultime petite semaine passée dans mon cher et tendre petit village de Som.
Pas de photos ou tres peu, pour changer, juste les premiers contours des conclusions qui commencent doucement a se dessiner de tous ces entretiens que nous avons fait passer, de ces visites sous un soleil de plomb et, plus généralement, de l'état des lieux de cette sous-région a l'avenir incertain.
Assez paradoxallement, ces premieres observations s'éloignent fort de l'objectif initial lié a l'observation de la biodiversité locale. C'est au contraire un constat inquiétant d'impuissance assez violent qui s'est imposé a nous face au probleme du réchauffement climatique, des ressources aquatiques et des flux migratoires qu'il commence déja a provoquer. En entendre parler est une chose, mais le constater de ses yeux en est une autre.

Il faut dire que les fermiers de la région (Som n'étant surement pas un cas isolé) ont pour eux le peu enviable privilege de cumuler une série de problématiques qui rend leur situation pour le moins problématique:

- Le probleme est d'abord historique: La premiere observation qui ressort de nos entretiens est assez claire, la région traverse, de mémoire d'anciens (souvent a peine capable de connaitre leur age...), la pire période de sécheresse depuis le dernier demi-siecle, voila qui plante déja un peu le décors.

- Le probleme est ensuite géologique: Monsieur Cogné en parlerait surement avec plus d'assurance que moi, mais les terrains de cette zone aux milliers de vallons représentent a eux seuls un vrai défi pour quiconque voudrait développer l'agriculture de cette zone. La culture en escalier délaissée, nos petits fermiers s'efforcent donc de développer leurs petites cultures sur des versans parfois pentus, limitant ainsi drastiquement leur acces a l'eau (allez creuser un puit au sommet d'une montagne !). Quand on sait que lors des moussons, l'eau ne fait que dévaler sur ces reliefs sans prendre le temps d'impregner la terre, imaginez alors le probleme que peut constituer pour ces champs une succession de moussons toujours plus faiblardes (la mousson étant, rappelons-le, une période d'environ un mois-un mois et demi ou les seules précipitations de l'année s'abattent avec (de moins en moins de) force a travers l'Inde).

- Bien evidemment car tout est lié, le probleme est également climatique: Les moussons moins généreuses touchent non seulement nos agriculteurs en altitude mais n'oublient pas pour autant de venir taquiner leurs collegues des plaines pourtant bien pourvus en puits. Malheureusement, sans mousson suffisamment puissante, les nappes phréatiques épuisées et les puits vidés pendant le reste de l'année n'ont plus le temps de se reconstituer et se remplir suffisamment pour subvenir aux besoins des 9 mois suivants. D'autant plus problématique quand on apprend qu'il y a encore 10-20 ans, il suffisait "de lancer des graines sur la terre avant la mousson pour que des champs fleurissent abondamment tout au long de l'année suivante".

- Fatalement, ces successions de mauvaises saisons entrainent un probleme économique patent. Une population importante se retrouve en effet presque sans activité, parfois sans nourriture suffisante et trop souvent sans le sou. Le probleme est meme démultiplié avec l'hérédité des terres ou les jeunes se partagent en petites parcelles les terres devenues incultivables du pere (et ici, la succession
du pere fermier n'est pas un choix, elle s'impose). On constate ainsi pendant la periode seche un vaste flux migratoire de la population jeune vers les villes afin d'y travailler sur des chantiers et d'y gagner l'argent qui permettra a la famille restée au village de survivre. Ils ne reviennent alors que pour la petite période des moussons pour y cultiver ce qui peut l'etre.

Des solutions existent pourtant et sont testées un peu tous azimuts depuis quelques années par le gouvernement ou a travers l'action de quelques organisations comme celle dans laquelle je travaille: engrais, especes hybrides moins demandeuses en eau, canaux, puits approfondis, création d'une institution gouvernementale dédiée a la fabrication de ces infrastructures (employant pres de 500 personnes dans la zone). Malheureusement, toutes ces tentatives ne me paraissent n'eter qu'un pansement sur le cancer qui ronge la ruralité rajasthani.

De plus en plus de fermiers abandonnent tout simplement leurs terres (pourtant véritables symboles de prestige dans la société indienne), les betes ne produisent désormais presque plus rien par manque de nourriture suffisamment riche a leur fournir, les financement tardent a arriver et sont bien souvent conditionnés par des criteres trop strictes alors que la situation empire chaque année:
- Ce qui est désormais produit n'est presque plus qu'une agriculture de subsistance, rien ne restant pour etre vendu sur les marchés.
- Face a ces subventions qui n'arrivent pas, de plus en plus de fermiers se résolvent a financer eux-meme les infrastructures attendues en partant, parfois pendant plusieurs années, gagner dans les villes le budget nécessaire a leur construction.
- Som et ses environs comptent aujourd'hui une trentaine de puits quand il en faudrait le double pour rendre la situation meilleure (mais encore faudrait qu'ils se remplissent, il ne suffit malheureusement pas de les creuser...)
- Il existe également des projets de barrage sur la riviere qui traverse le village (riviere assechée 9 mois sur 12...) mais cela suffira-t-il si la mousson reste faible ? Quelles sont les échéances avant que ces projets d'envergure voient le jour dans un village aussi reculé ?

Dans tout ce triste bazar, je vous avoue donc que la problématique liée a la biodiversité ne devient plus que secondaire. Ce n'est faute d'avoir tenté de l'amener dans nos conversations avec les agriculteurs locaux mais elle n'a pas grande signification a leurs yeux, pas aujourd'hui en tout cas. On se demande d'ailleurs encore avec Nico ce que nous faisons sur un projet lié a la biodiversité dans un village ou Seva Mandir a déja fourni depuis quelques années les fermiers en especes hybrides qui paraissent doucement ouvrir la porte a l'arrivée des OGM...

vendredi 5 mars 2010

Jaipur, Holi et autres douceurs

Aussi loin que je puisse me rappeler, j'ai toujours entendu dire que les francais étaient de sacrés fichus flemmards, profitant avec allegresse d'un des calendriers visiblement les plus remplis en jours feriés que nos sociétés actuelles connaissent.

De toute évidence, l'Inde doit tenir a notre doux pays la dragée sacrément haute, d'autant que selon l'importance que certaines régions, villes ou communautés du pays accordent a telle ou telle divinité(vive le sinkrétisme hindou !), ces jours fériés peuvent parfois assez rapidement se multiplier quitte a pouvoir se transformer en semaines. Je vous alors laisse imaginer dans quelles conditions je dois organiser ici mon travail lorsque l'on dépend de ce genre de joyeux petit détail.

C'est plus ou moins ce qui se passe ces derniers temps avec Holi, fete des couleurs massivement suivie dans toute l'Inde durant deux jours au cours de la pleine lune du mois de Phâlguna qui se situe en février-mars, et qui marque (entre autres choses) l'arrivée du printemps. Dans certaines parties plus rurales de l'Inde (et notamment dans mon fameux petit village de Som), l'évenement bénéficie d'un traitement particulier de la part de ses habitants et leur vaut de ne pas travailler pendant les semaines qui précede et suit ces deux jours.
Obligés de reporter la suite de nos activités a la semaine prochaine et donc, de fait, au chomage technique, Nico et moi ne nous sommes donc pas privés de profiter de l'occasion pour poursuivre notre vadrouille a travers le Rajasthan et rallier cette fois-ci sa Capitale, Jaipur, afin d'y profiter d'une Holi visiblement fetée dans les regles de l'art, d'un festival des éléphants haut en couleurs, et de quelques sites encore une fois assez fabuleux. De nouveau, le voyage n'a pas été vain et je suis encore revenu avec une charetée de souvenirs et de photos que voici que voila...

Avec le début d'expérience que je commence a avoir au travers des quelques petits voyages que nous nous sommes offerts jusqu'a présent, j'ai maintenant quelques points de comparaisons qui me valent de parfois faire un peu la fine bouche lorsque le site visité n'est pas a la mesure de mes attentes. Oh, je vous rassure, je n'suis pas déja blasé, loin de la, mais clairement lorsque vous avez mis les pieds a Udaipur, Jodhpur ou Bundi, les villes suivantes doivent soutenir une comparaison de toute évidence un peu difficile a tenir.
Jaipur était assez extraordinaire, qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit mais le retour dans une grosse ville et toutes les sollicitations qu'il implique ne m'ont pas particulierement transporté, surtout apres le calme des journées passées a Som. Quitte a passer pour des touristes un brin prétentieux, je dirais que plus que les soit-disants incontournables de la ville, ce sont essentiellement les évenements ponctuels ou les sites un peu inattendus qui nous ont clairement marqués.

Avant d'attaquer le fameux jour des couleurs qui s'annoncait assez dantesque, on a débuté notre virée a Jaipur a... 100km de la, dans un petit village perdu au milieu de la campagne environnante mais ou nous espérions trouver un nouveau lieu de tournage du fameux film The Fall que je vous avais déja présenté dans un billet précédent. Bonne pioche en tout cas puisque nous étions les seules andouilles a avoir fait le trajet en taxi jusque la, profitant donc de ce baori géant rien que pour nous, sous un soleil en fusion !
Oui, mais kesséssé un "baori" ? Bonne question cher visiteur ! Les plus attentifs d'entre vous noteront que ce n'est pas la premiere fois que je glisse dans un diaporama des exemples de cette étrange architecture ou un jeu incroyable de géométrie en escaliers joue avec les variations de la lumiere du jour pour offrir un spectacle d'ombre assez fabuleux... Plus pragmatique, ce batiment servait initialement de puit, permettant ainsi a ses utilisateurs de rejoindre a tout moment de l'année le niveau de l'eau et de se servir sans avoir a se casser le dos comme chez nous en remontant une corde a la con, malin, non ?
Si la lumiere du soleil n'était malheureusement pas idéale pour révéler comme on l'aurait rever le jeu d'ombres qu'aurait pu nous offrir tous ces escaliers, on a malgré tout pu y voir le plus bel ambassadeur de ces baoris qu'on ne trouve nulle part ailleurs !



C'est donc le lendemain qu'arriva ce qui devait arriver.

Déja depuis quelques jours, les petites échoppes de fortune se pressaient aux meilleurs coins de la ville pour laisser les joyeux pélerins préparer leurs munitions pour le grand jour: Le spectacle dans les rues était du coup assez magnifique avec toutes ces montagnes de poudres de couleurs plus vives les unes que les autres que chaque marchand arrangeaient pour toujours pointer vers le ciel... A coté d'eux, des petits vendeurs de pistolets a eau en tout genre faisaient aussi leur commerce dams un joyeux brouaha de gamins surexcités accompagnés par leurs parents.

On est donc parti tot le matin bien armé (rose pour Nico, orange pour moi), vetus de nos fringues les plus négligeables et surtout sans nos appareils photo pour des raisons assez évidentes de survie... Bien nous en a pris en tout cas puisqu'on a du battre en retraite au bout d'un peu plus de deux heures! Apres s'etre fait gentiment marqué le visage par des familles accompagnant de petits gamins, j'ai cru pendant un moment que la fete allait rester somme toute bon enfant... jusqu'a ce que de joyeuses bandes de jeunes commencent a se balader en quete de copains ou de touristes encore épargnés. Les photos en attestent, nous n'avons pas été épargnés, d'autant moins d'ailleurs que l'excitation de ces joyeux loustiques se melaient gentiment avec un exces d'agressivité qui nous a obligé a rentrer a l'hotel pour laisser la grosse vague passer. Le fait qu'un certain nombre d'entre eux utilisaient des produits un peu suspect pour nous asperger d'autre chose que de peinture nous y a aussi bien inciter... Bref, c'était rigolo, on a pu tartiner la figure d'un bon nombre de personnes mais se retrouver au milieu d'une bande d'indiens maladroits et décidés a vous bousculer autant qu'il le faut pour que vous soyez recouverts de merde de la tete au pied, ca peut aussi vous calmer.

L'autre évenement incontournable de cette journée d'Holi a Jaipur, c'était ce fameux Elephant Festival que nos guides nous conseillaient chaudement. Si le match de polo sur éléphants (!!) ne nous tentaient pas forcement trop (3h de polo quoi...), on s'est régalé en allant a l'entrée du stade ou le match devait se tenir pour y voir parader les éléphants saillamment décorés qu'on espérait y trouver. Encore une fois, les photos pour elles, c'était de la folie. Montés sur leur pachiderme de monture, les cavaliers (éléphantiers ?) tenaient leur bete en respect pour les laisser poser pendant 2h en rang d'union sous leurs maquillages exhubérants et bijoux tape-a-l'oeil... Moi qui n'avais jamais vu ces géants autrement que de loin dans des zoos, on peut dire que j'en ai pris plein les mirettes, d'autant qu'avec leur carrure massive, ils nous tiennent facilement en respect, sacré souvenir !



Pour ne pas faire trainer ce billet un peu trop en longueur, je ne m'attarderai pas trop sur la ville de Jaipur en elle-meme qui valait certes le détour mais que je préfere, une fois n'est pas coutume, illustrer seulement en images, vous verrez que l'observatoire astrologique en extérieur avec ses batiments aux formes surprenantes, l'Amber Palace, immense fort incroyablement conservé que l'on rejoint a dos d'éléphant, ou les cénotaphes de Galior (ou reposent quelques maharajas des siecles précédants) méritaient largement leur place dans notre visite de la région.



Non, je préfere plutot m'attarder pour terminer sur la derniere visite que nous avons fait aux alentours de Jaipur, a une petite dizaine de kilometres du centre, dans les incroyables temples de Galta, si pres de la ville grouillante indienne et pourtant si loin de cette activité a vous faire parfois perdre la tete !
Au beau milieu de la nature aride que j'ai déja eu l'occasion de vous décrire et bien encastrés entre deux vastes reliefs rocailleux, l'ensemble de temples que constitue Galta est assez hors du commun. Tres loin de l'agitation citadine, disais-je donc, et semble-t-il un peu boudé par les tour operators (nous étions les seuls blanc-becs du coin), ce lieu de pélerinage a l'acces libre nous offre une sorte d'immersion dans les Aventuriers de l'Arche perdue dans ce décors qui pourrait tout aussi bien encore une fois avoir inspiré notre ami Tolkien !
On peut rester ainsi tranquillement a rever au bord d'un des bassins d'ablution du site, a l'ombre rafraichissante du versan d'une des collines qui protegent le site, tout en observant les innombrables singes joueurs qui ont élu domicile dans ce petit eden. L'état de conversation des divers temples est juste parfait, ce qui ne fait que rendre plus exhaltante l'immersion dans ce petit coin inattendu.
Completement hors du temps, il n'y a vraiment que quelques vieux lampadaires au supplice pour vous rappeler a quelle époque nous sommes.

Le lieu est d'autant plus beau que certains temples grimpent sur les flancs de l'intersection des deux vallées et laissent quelques bassins se remplir de l'eau de source sacrée que les montagnes offrent aux pélerins. La, des dizaines de singes nous ont offert un spectacle assez fou, ignorant tranquillement les quelques spectateurs et improvisant une bataille d'eau dans l'un des bassins, sautant de parfois plusieurs metres de haut pour retomber dans leur piscine improvisée ou se coursant pour se vanger de la crasse que l'autre venait de leur faire. Un vrai délire et surtout une véritable partie de rigolade pour peu que vous ayez un soupcon d'amour des betes ! Juste inoubliable !



Voila les petits z'amis, la semaine a venir risque d'etre plus riche que jamais avec une semaine entiere passée dans mon petit village de Som, sans electricité ni réseau (donc) pour enchainer directement avec un long séjour de 4 jours a Agra. Comment ca, "Agra", ca ne vous dit rien ? Si je vous dis "Taj Mahal", ca vous parle un peu plus ? Bon...

Allez je vous laisse et, comme dirait un sacré bon copain, tot ziens !