Aussi loin que je puisse me rappeler, j'ai toujours entendu dire que les francais étaient de sacrés fichus flemmards, profitant avec allegresse d'un des calendriers visiblement les plus remplis en jours feriés que nos sociétés actuelles connaissent.
De toute évidence, l'Inde doit tenir a notre doux pays la dragée sacrément haute, d'autant que selon l'importance que certaines régions, villes ou communautés du pays accordent a telle ou telle divinité(vive le sinkrétisme hindou !), ces jours fériés peuvent parfois assez rapidement se multiplier quitte a pouvoir se transformer en semaines. Je vous alors laisse imaginer dans quelles conditions je dois organiser ici mon travail lorsque l'on dépend de ce genre de joyeux petit détail.

C'est plus ou moins ce qui se passe ces derniers temps avec
Holi, fete des couleurs massivement suivie dans toute l'Inde durant deux jours au cours de la pleine lune du mois de Phâlguna qui se situe en février-mars, et qui marque (entre autres choses) l'arrivée du printemps. Dans certaines parties plus rurales de l'Inde (et notamment dans mon fameux petit village de Som), l'évenement bénéficie d'un traitement particulier de la part de ses habitants et leur vaut de ne pas travailler pendant les semaines qui précede et suit ces deux jours.
Obligés de reporter la suite de nos activités a la semaine prochaine et donc, de fait, au chomage technique, Nico et moi ne nous sommes donc pas privés de profiter de l'occasion pour poursuivre notre vadrouille a travers le Rajasthan et rallier cette fois-ci sa Capitale, Jaipur, afin d'y profiter d'une Holi visiblement fetée dans les regles de l'art, d'un festival des éléphants haut en couleurs, et de quelques sites encore une fois assez fabuleux. De nouveau, le voyage n'a pas été vain et je suis encore revenu avec une charetée de souvenirs et de photos que voici que voila...

Avec le début d'expérience que je commence a avoir au travers des quelques petits voyages que nous nous sommes offerts jusqu'a présent, j'ai maintenant quelques points de comparaisons qui me valent de parfois faire un peu la fine bouche lorsque le site visité n'est pas a la mesure de mes attentes. Oh, je vous rassure, je n'suis pas déja blasé, loin de la, mais clairement lorsque vous avez mis les pieds a Udaipur, Jodhpur ou Bundi, les villes suivantes doivent soutenir une comparaison de toute évidence un peu difficile a tenir.
Jaipur était assez extraordinaire, qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit mais le retour dans une grosse ville et toutes les sollicitations qu'il implique ne m'ont pas particulierement transporté, surtout apres le calme des journées passées a Som. Quitte a passer pour des touristes un brin prétentieux, je dirais que plus que les soit-disants incontournables de la ville, ce sont essentiellement les évenements ponctuels ou les sites un peu inattendus qui nous ont clairement marqués.

Avant d'attaquer le fameux jour des couleurs qui s'annoncait assez dantesque, on a débuté notre virée a Jaipur a... 100km de la, dans un petit village perdu au milieu de la campagne environnante mais ou nous espérions trouver un nouveau lieu de tournage du fameux film The Fall que je vous avais déja présenté dans un billet précédent. Bonne pioche en tout cas puisque nous étions les seules andouilles a avoir fait le trajet en taxi jusque la, profitant donc de ce baori géant rien que pour nous, sous un soleil en fusion !
Oui, mais kesséssé un "baori" ? Bonne question cher visiteur ! Les plus attentifs d'entre vous noteront que ce n'est pas la premiere fois que je glisse dans un diaporama des exemples de cette étrange architecture ou un jeu incroyable de géométrie en escaliers joue avec les variations de la lumiere du jour pour offrir un spectacle d'ombre assez fabuleux... Plus pragmatique, ce batiment servait initialement de puit, permettant ainsi a ses utilisateurs de rejoindre a tout moment de l'année le niveau de l'eau et de se servir sans avoir a se casser le dos comme chez nous en remontant une corde a la con, malin, non ?
Si la lumiere du soleil n'était malheureusement pas idéale pour révéler comme on l'aurait rever le jeu d'ombres qu'aurait pu nous offrir tous ces escaliers, on a malgré tout pu y voir le plus bel ambassadeur de ces baoris qu'on ne trouve nulle part ailleurs !
C'est donc le lendemain qu'arriva ce qui devait arriver.

Déja depuis quelques jours, les petites échoppes de fortune se pressaient aux meilleurs coins de la ville pour laisser les joyeux pélerins préparer leurs munitions pour le grand jour: Le spectacle dans les rues était du coup assez magnifique avec toutes ces montagnes de poudres de couleurs plus vives les unes que les autres que chaque marchand arrangeaient pour toujours pointer vers le ciel... A coté d'eux, des petits vendeurs de pistolets a eau en tout genre faisaient aussi leur commerce dams un joyeux brouaha de gamins surexcités accompagnés par leurs parents.

On est donc parti tot le matin bien armé (rose pour Nico, orange pour moi), vetus de nos fringues les plus négligeables et surtout sans nos appareils photo pour des raisons assez évidentes de survie... Bien nous en a pris en tout cas puisqu'on a du battre en retraite au bout d'un peu plus de deux heures! Apres s'etre fait gentiment marqué le visage par des familles accompagnant de petits gamins, j'ai cru pendant un moment que la fete allait rester somme toute bon enfant... jusqu'a ce que de joyeuses bandes de jeunes commencent a se balader en quete de copains ou de touristes encore épargnés. Les photos en attestent, nous n'avons pas été épargnés, d'autant moins d'ailleurs que l'excitation de ces joyeux loustiques se melaient gentiment avec un exces d'agressivité qui nous a obligé a rentrer a l'hotel pour laisser la grosse vague passer. Le fait qu'un certain nombre d'entre eux utilisaient des produits un peu suspect pour nous asperger d'autre chose que de peinture nous y a aussi bien inciter... Bref, c'était rigolo, on a pu tartiner la figure d'un bon nombre de personnes mais se retrouver au milieu d'une bande d'indiens maladroits et décidés a vous bousculer autant qu'il le faut pour que vous soyez recouverts de merde de la tete au pied, ca peut aussi vous calmer.

L'autre évenement incontournable de cette journée d'Holi a Jaipur, c'était ce fameux Elephant Festival que nos guides nous conseillaient chaudement. Si le match de polo sur éléphants (!!) ne nous tentaient pas forcement trop (3h de polo quoi...), on s'est régalé en allant a l'entrée du stade ou le match devait se tenir pour y voir parader les éléphants saillamment décorés qu'on espérait y trouver. Encore une fois, les photos pour elles, c'était de la folie. Montés sur leur pachiderme de monture, les cavaliers (éléphantiers ?) tenaient leur bete en respect pour les laisser poser pendant 2h en rang d'union sous leurs maquillages exhubérants et bijoux tape-a-l'oeil... Moi qui n'avais jamais vu ces géants autrement que de loin dans des zoos, on peut dire que j'en ai pris plein les mirettes, d'autant qu'avec leur carrure massive, ils nous tiennent facilement en respect, sacré souvenir !
Pour ne pas faire trainer ce billet un peu trop en longueur, je ne m'attarderai pas trop sur la ville de Jaipur en elle-meme qui valait certes le détour mais que je préfere, une fois n'est pas coutume, illustrer seulement en images, vous verrez que l'observatoire astrologique en extérieur avec ses batiments aux formes surprenantes, l'Amber Palace, immense fort incroyablement conservé que l'on rejoint a dos d'éléphant, ou les cénotaphes de Galior (ou reposent quelques maharajas des siecles précédants) méritaient largement leur place dans notre visite de la région.

Non, je préfere plutot m'attarder pour terminer sur la derniere visite que nous avons fait aux alentours de Jaipur, a une petite dizaine de kilometres du centre, dans les incroyables temples de Galta, si pres de la ville grouillante indienne et pourtant si loin de cette activité a vous faire parfois perdre la tete !
Au beau milieu de la nature aride que j'ai déja eu l'occasion de vous décrire et bien encastrés entre deux vastes reliefs rocailleux, l'ensemble de temples que constitue Galta est assez hors du commun. Tres loin de l'agitation citadine, disais-je donc, et semble-t-il un peu boudé par les tour operators (nous étions les seuls blanc-becs du coin), ce lieu de pélerinage a l'acces libre nous offre une sorte d'immersion dans les Aventuriers de l'Arche perdue dans ce décors qui pourrait tout aussi bien encore une fois avoir inspiré notre ami Tolkien !
On peut rester ainsi tranquillement a rever au bord d'un des bassins d'ablution du site, a l'ombre rafraichissante du versan d'une des collines qui protegent le site, tout en observant les innombrables singes joueurs qui ont élu domicile dans ce petit eden. L'état de conversation des divers temples est juste parfait, ce qui ne fait que rendre plus exhaltante l'immersion dans ce petit coin inattendu.
Completement hors du temps, il n'y a vraiment que quelques vieux lampadaires au supplice pour vous rappeler a quelle époque nous sommes.

Le lieu est d'autant plus beau que certains temples grimpent sur les flancs de l'intersection des deux vallées et laissent quelques bassins se remplir de l'eau de source sacrée que les montagnes offrent aux pélerins. La, des dizaines de singes nous ont offert un spectacle assez fou, ignorant tranquillement les quelques spectateurs et improvisant une bataille d'eau dans l'un des bassins, sautant de parfois plusieurs metres de haut pour retomber dans leur piscine improvisée ou se coursant pour se vanger de la crasse que l'autre venait de leur faire. Un vrai délire et surtout une véritable partie de rigolade pour peu que vous ayez un soupcon d'amour des betes ! Juste inoubliable !
Voila les petits z'amis, la semaine a venir risque d'etre plus riche que jamais avec une semaine entiere passée dans mon petit village de Som, sans electricité ni réseau (donc) pour enchainer directement avec un long séjour de 4 jours a Agra. Comment ca, "Agra", ca ne vous dit rien ? Si je vous dis "Taj Mahal", ca vous parle un peu plus ? Bon...
Allez je vous laisse et, comme dirait un sacré bon copain, tot ziens !
10 commentaires:
Bah.... pout
Nathan
Ahhhh le Taj Mahal !!! fais nous une belle photo darling !!!
c'est magnifique !
gros bisous, et tu nous manques ;-)
"éléphantiers" ??? gloups gloups ! CORNAC on dit espèce d'ignare ... j'te jure ...
Ouah !plein les mirettes tu as eu et nous aussi avec cet excellent reportage encore ! des couleurs plein les yeux avec ses éléphants magnifiquement embellis et ce ciel bleu partout ... grrr, alors qu'ici le ciel est gris et on t'emm...Bon séjour à Som et vivement Agra (avec réseau c'est mieux pour nous !) J'ai adoré ta séquence sur les singes (as tu fait une petite vidéo ?)
Comme dirait Rémy Bricka: " C'est la vie, en couleur..." ;)
Poutou Toine
Télescopage amusant!!! Juste avant de lire ton super reportage et voir ces photos non moins supers, je lisais dans un journal tout un article sur cette fête indienne et ses poudres de couleur qui deviennent de plus en plus industrielles et donc....toxiques!!!! Avant, elles étaient à base de pigment naturel et ne présentaient aucun danger.Je ne veux pas te ruiner le moral, mon pt'it Antoine, mais fait
gaffe quand même!
A part ca, qu'est-ce que c'est beau!
Alors, en route pour le Taj Mahal.Je suis impatiente!!!!Bisoussss
Je confirme, Meuchele, ma petite peau toute délicate en a bavé pendant les quelques jours qui ont suivi !
On peut dire aussi "mahout" à la place de cornac, ça fait 6 lettres donc 6 points supplémentaires pour Anatole...
Ok je me rends, on y va pour "Mahout" ! mais çà fait 6 lettres comme Cornac .... à égalité !
Un tirage chiffres est donc nécessaire pour départager les candidats. Bertrand Renard ? Alors... 8, 25, 10, 3, 7 et 50... 487 !
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