Alors voila, oui je vous avais promis de vous gater en albums photos en tout genre une fois le Népal rallier, je vous avais bercer de belles paroles avec des connexions de reve, des romans photos comme on en fait plus, des histoires insolites et croustillantes, de délicieuses envolées lyriques et que sais-je encore.
Oui mais voila, tout ca, c'était avant d'arriver a Katmandou...
Les fideles facebookiens en ont déja eu un apercu, mais je voulais l'officialiser sur ma petite page, histoire que, si tant que ca vous intéresse, vous soyez tenus informés voire meme, pour les plus prévenants, rassurés.
Malheureusement et depuis lors, les choses n'ont pas été comme on aurait pu l'espérer. Lassés des lenteurs de leurs partenaires au pouvoir et visiblement en désaccord avec la tournure que prenaient les mesures prises par le gouvernement, les fameux maoistes ont décidé de quitter a grand fracas la coalition gouvernementale, redevenant alors la principale force d'opposition avec la virulence qu'on leur avait longtemps connu pendant leurs décenies de maquis et terrorisme. Nos petits révolutionnaires n'ont en effet rien d'enfants de coeur, leur influence souvent violente sur la population en atteste, avec force de racket, intimidation et proselytisme décomplexé a l'appui.
Ils ont alors entamé ce qu'ils semblent savoir faire le mieux: littéralement bloquer le pays en étouffant Katmandou, organisant d'immenses manifestations, sittings et meetings aux quatre coins de la ville, obligeant le moindre commercant a fermer boutique, empechant presque tout véhicule de circuler, sous peine d'etre caillassés, vandalisé, racketté ou que sais-je encore.
Les manifestants affluent chaque jour plus nombreux des campagnes, des groupes de sympatisants restant a controler un peu partout dans le pays qu'aucun travailleur n'enfreigne l'ordre de greve a durée indéfinie, qu'ils soient ou non pro-maoistes.
Les touristes, quant a eux, et meme s'ils ne sont clairement pas les plus a plaindre dans ce conflit, se retrouvent littéralement pris au piege (entre le marteau et l'enclume, c'est de circonstance !), bloqués dans leurs hotels, sans pouvoir sortir de la ville, puisqu'aucun transport public ne fonctionne, sans rien a voir a faire de leurs journées puisque tous les commerces sont fermés, se retrouvant meme parfois sans argent puisque toutes les banques ont barricadé leurs distributeurs d'argent et sans moyens de communication puisque les cyber café et boutiques de téléphonies restent porte close pendant toute la journée.
Les maoistes ont bien désserré un peu l'entreinte pour laisser les commercants respirer un peu et faire un minimu, de chiffre en les autorisant a ouvrir leurs boutiques entre 18h et 20h (ce qui me permet de rédiger ce petit billet), mais beaucoup préfere malgré tout laisser leur rideau baisser histoire d'éviter les possibles débordements lors des passages fréquents de groupes de maoistes dans les rues de Katmandou.
L'ambiance n'en reste pas moins étrange puisqu'au milieu de ces (dizaines de) milliers de manifestants encadrés par au moins autant de policiers déguisés en robocop, armés jusqu'aux dents, protégés par des ribambelles de barbelés et présents aux quatre coins de la ville, l'ambiance disais-je donc, elle, reste pour le moment acceptable. A aucun moment je ne ressens un quelconque risque pour ma sécurité, juste l'impression de me retrouver en plein coeur de l'actualité locale: tous les matins commencent par une lecture assidue des journaux anglophones pour savoir ou en sont les négociations, si la greve continue et si notre sécurité est assurée.
Tout irait donc pour le mieux si la situation ne durait pas: les commercants commencent en effet a s'agacer de cette situation, des manifestations contre la greve commencent a s'organiser et les premieres frictions et débordements commencent a avoir lieu. Les premiers blessés sont regrettés depuis 2 jours dans les journaux et la tension, que je n'ai pour le moment pas observer, semblent gagner les différents camps, les partisans des groupes au pouvoir commencant a leur tour a venir affronter les manifestants maoistes. Beaucoup de restaurants doivent rester fermés par manque d'approvisionnement, mon hotel vient d'ailleurs d'augmenter les prix de sa carte, tous ses produits étant achetés au marché noir avec l'inflation que l'on peut imaginer.
En attendant, on s'improvise avec Nico reporters de guerre en se melant aux meetings en prenant des photos... Tant que la situation reste acceptable, on en profite mais on reste sur nos gardes, les possibles débordements n'étant jamais loin...
Voila, c'est a peu pres tout pour le moment. Histoire de s'éloigner de tout ca, je pars quelques jours trekker et prendre les hauteurs, en espérant que le ciel plutot couvert de ces derniers jours ait la bonne idée de se trouer pour nous laisser deviner la chaine himalayenne, on peut toujours rever...

























